Silures : les seigneurs du fleuve aux eaux sombres

par Rémi Masson | le Samedi 26 Février 2011 | Lu 2745 fois

  

Les adultes peuvent mesurer deux mètres, et ils se regroupent parfois en amas grouillants de plusieurs mètres de large : émotions garanties à la rencontre des silures, dans les eaux troubles du Rhône.


Dans le lit du Rhône

Seigneur incontesté des eaux sombres du Rhône, le silure a fait du lit du fleuve son royaume, dans une semi-obscurité constante. Peu de poissons s’aventurent jusque là, et le silure adulte, qui peut dépasser les deux mètres de long, n’a pas de prédateur. Seuls les plus jeunes doivent se méfier des brochets et des sandres, et parfois même de l’appétit de leurs aînés...
Silures : les seigneurs du fleuve aux eaux sombres

Curieux et inoffensifs

Les silures, jeunes ou adultes, ne sont pas craintifs, et se montrent au contraire très curieux vis-à-vis du plongeur qui pénètre leur territoire. Il me suffit d’attendre quelques dizaines de secondes avant de voir surgir le premier. Ils se dirigent sans hésitation vers moi et s’approchent jusqu’à me toucher. Parfois ils s’immobilisent à 10 centimètres de mon masque dans un face à face interminable. Mais il n’y a jamais d’agressivité dans leur comportement et ces rencontres sont justes magiques, hors du temps et très loin de l’image de monstre sanguinaire qui colle à la peau de ce poisson.

Une valse lente au fond du fleuve

Les silures se rassemblent parfois en énormes amas mouvants, larges de plusieurs mètres, au sein desquels les poissons tournent en rond. Un spectacle rare mais saisissant. Indépendant de la reproduction, ce phénomène reste encore un mystère au niveau scientifique. Etre le spectateur privilégié de ce genre de scène justifie en tout cas à lui tout seul ce projet étrange, au départ, de vouloir s’immerger dans les eaux troubles et polluées du Rhône.


Des conditions de plongée difficiles

Tous ceux qui plongent en eau douce le savent, les meilleurs plongées sont celles où l’on a, non pas la plus grande transparence, mais plutôt la moins mauvaise visibilité. Quand les conditions sont bonnes, il est possible de voir à quelques mètres… Quand elles sont mauvaises, on parle alors « d’ambiance », ce qui est une façon poétique de qualifier une infâme purée de poix. Au problème de la turbidité s’ajoutent le courant soutenu, souvent même trop violent pour envisager une mise à l’eau, et la navigation fluviale qui rendent la plongée délicate. Surtout en apnée. Mais la rencontre avec les seigneurs du fleuve en valait la peine.




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