Sardin Run : l’émotion en 3D !

par Ludovic Savariello | le Dimanche 28 Novembre 2010 | Lu 4516 fois

  

Chaque année, durant l’hiver austral, les eaux froides de l’Atlantique parviennent pour quelques semaines à contrer le courant chaud des Agulhas et à remonter le long de la côte Est d’Afrique du Sud. De gigantesques bancs de sardines suivent alors le mouvement. Talonnées par une foule de prédateurs, le Sardin run sonnera pour nombre d’entre elles la fin du voyage. L’orgie est démesurée, la lutte pour survivre sans merci, et les images à couper le souffle !


Les sentinelles donnent l’alerte

Il est 14 heures au large de Port Saint John’s. Craig, le pilote du bateau, aperçoit à l’horizon une nuée de fous du Cap. Ces sentinelles, suivant fidèlement les dauphins communs, annoncent une bait ball en cours de formation. Nous fonçons, le regard fixé sur ce point mystérieux et porteur de tant d’espoir. L’eau bouillonne, des centaines de dauphins nagent dans tous les sens. Les fous restent en surface en position d’observation.Nous plongeons. Le spectacle est à couper le souffle : les dauphins ont bien travaillé.


Une technique de chasse infaillible

Lorsque les sardines sont en banc, elles échappent à leurs prédateurs comme des grains de sable filant à travers les mailles d’un tamis. Mais le dauphin commun à long bec (Delphinus capensis) a mis au point une technique : descendre entre 40 et 80 m pour faire remonter à la surface quelques milliers de sardines. Encerclées et contenues par les chasseurs expérimentés, elles opèrent alors un dernier repli qui leur sera malheureusement fatal : une formation ronde et compacte. Cette boule prend alors le nom de bait ball !


Au cœur de la bait ball

Une boule de 5 à 6 mètres de diamètre oscille au gré des attaques des prédateurs, et la frénésie commence à s’emparer des protagonistes. Un requin de 4 mètres passe au centre de la bait ball, s’immobilise, ouvre la bouche et reste comme hypnotisé par tant d’opulence. De ce tumulte incessant, une explosion de folie survient alors. Les dauphins et les requins doivent maintenant composer avec des dizaines de fous du cap lancés à plus de 100 km/h dans leur quête sous-marine. Je me retrouve suspendu dans un monde liquide où cohabitent des nuées d’oiseaux, des dizaines de requins, des centaines de dauphins et des milliers de sardines.

20 minutes de frénésie absolue

La frénésie est telle qu’aucun animal ne prête attention à notre présence. Sous l’eau, les explosions successives liées aux plongeons des fous du Cap se mêlent aux sifflements des dauphins. Un requin à gauche, un dauphin à droite, un oiseau file entre mes jambes, la bait ball est devenue subitement un lieu où chaque individu compte, coûte que coûte, avoir sa part. Des fous se battent dans 10 mètres d’eau, des requins s’attaquent entre eux pour attraper au moins un poisson ! Cette frénésie aura duré en tout et pour tout 20 minutes qui resteront à jamais gravées dans ma mémoire.

Quand le calme revient

Soudainement, tout s’arrête. Les dauphins disparaissent, les requins redescendent dans les profondeurs et les fous s’envolent. Il ne reste plus que des écailles flottant entre deux eaux comme les paillettes laissées sur une scène après un spectacle. Quelques océanites de Wilson ferment la marche en essayant de tremper leurs pattes en surface pour récupérer l’huile laissée par les sardines dévorées pour l’occasion.

La grande migration des sardines

Les sardines (sardinops sagax), poissons d’eau froide, profitent des nutriments qui remontent du fond et permettent au plancton dont elles se nourrissent de se développer. Elles ont un cycle de vie très court puisque qu’elles ne vivent que 2 à 3 ans. Lorsqu’elles ont deux ans et mesurent approximativement 18 à 20 cm, elles pondent des œufs qui dérivent avec le courant vers le nord le long de la côte Ouest de l’Afrique du Sud. C’est ici que les larves deviennent matures et se transforment en juvéniles. Une fois suffisamment grandes, les jeunes sardines se rassemblent pour migrer cette fois-ci au Sud afin de revenir vers le banc des Agulhas.

Le bras de fer de deux océans

Un bras de fer perpétuel entre deux océans, à l’Ouest l’Océan Atlantique et à l’est l’Océan Indien rythme la vie de l’Afrique du Sud. Courants chauds et froids s’affrontent en permanence. Sur la côte Est, le courant des Agulhas (courant des aiguilles) descend ses eaux chaudes du Nord vers le Sud à une vitesse qui atteint parfois plus de 8 km/h. Sur la côte Ouest, l’adversaire est un courant froid remontant tout d’abord des profondeurs abyssales de l’Océan Atlantique pour longer ensuite les côtes africaines jusqu’en Namibie.


En pratique

PERIODE : Début juin a fin juillet

FORMALITES
: Passeport valide au moins 3 mois après la date de retour.

SANTE : Traitement anti-paludéen (zone 3), vaccin Fièvre Jaune et mise à jour des vaccins Tétanos, Polio et hépatite A et B recommandés. Prévoir répulsifs anti-moustiques.

LANGUES
: Afrique du Sud : anglais, afrikaans.

MONNAIE : Afrique du Sud : le Rand : 10 ZAR = 1 € environ
Les cartes de crédit sont acceptées dans les hôtels et commerces importants en Afrique du Sud.

ELECTRICITE : 220v – prises à 3 fiches – Prévoir adaptateur en Afrique du Sud.

DECALAGE HORAIRE : + 1h en hiver (GMT + 2h)

DUREE DE VOL : environ 13h

ADRESSES UTILES :
- Ambassade d’Afrique du sud : 59 quai d’Orsay 75343 Paris cedex 07 - Tel : 01.53.59.23.23
http://www.afriquesud.net/ -

- Office du tourisme d’Afrique du sud : 61 rue la Boetie 75008 Paris – Tel : 01.45.61.01.97

CAISSON HYPERBARE A DURBAN :
- St Augustine’s Hyperbaric Center - http://www.sahmc.co.za/
- Natal Hyperbaric center



Les Tours Opérateurs qui vous y emmènent

Abyss ¤ Fun & Fly ¤ H2O Voyage ¤ Key Largo ¤ Ultramarina


Vous êtes T.O.? Vous proposez cette destination et n'êtes pas listé ci-dessus?
L'inscription est GRATUITE! Cliquer ici afin de nous contacter


Réagissez à cet article



Notez

     

Dans la même rubrique :
< >

Mardi 10 Janvier 2012 - 23:12 Croisière plongée Indonésie : WAOW !!!