Réunion : opération de marquage

par Isabelle Croizeau | le Vendredi 25 Novembre 2011 | Lu 1809 fois

  

Parallèlement à la campagne menée par l’IRD pour mieux comprendre le comportement des requins suite aux attaques survenues dans les eaux de l’île, une nouvelle mission, privée cette fois, vient de démarrer. C’est l’apnéiste Fred Buyle qui mène la danse. Et la Fédération, qui finance l'opération, se mobilise aussi pour rassurer les plongeurs.


Objectif : marquer 10 requins

L’apnésiste Fred Buyle, arrivé la semaine dernière à la Réunion, a pour objectif de marquer 10 requins. Il travaille en équipe avec l’apnéiste canadien William Winram, et ils ont jusqu’au 5 décembre pour atteindre leur objectif. Ils doivent également former des plongeurs locaux à l’approche des requins pour que ce type d’opération puisse se renouveler. Ils doivent, en apnée, marquer les animaux à l’aide d’une arbalète, mais ont interdiction d’appâter, ce qui ne facilite pas l’approche. Par ailleurs, ils devaient au départ rester à l’extérieur de la réserve, même si l'autorisation leur sera peutêtre accordée dans les prochains jours. Frederic Buyle, après ses trois premières sorties, avait bien osbervé quatre  bouledogues, mais, reconnaît-il, "ils sont très très timides, difficile de les avoir à moins de 12 ou 15m de nous, et ce même en étant seul et discret au fond en apnée. Impossible dans ces conditions de marquer ces requins pour l'instant".


La fédération mobilisée

L’initiative est à mettre au crédit de la FFESSM : "On a pu mettre en place cette action grâce à des fonds du comité régional de la Fédération mais également grâce au concours bénévole de Frédéric Buyle et de son acolyte William Winram ", explique Georges Masanelli, président du Comité Régional. Le but de l'organisation de ces marquages privés : "redonner de la confiance à la population, à ceux qui pratiquent des activités nautiques à la Réunion", souligne-t-il.
Jean-Louis Blanchard, Président de la FFESSM, s'est également rendu sur l'île et a plongé à proximité de Saint-Gilles : son but, faire passer un message aux plongeurs, et particulièrement aux touristes néophytes qui n'osent plus se lancer à la découverte de l'activité. Ces derniers mois, les professionnels locaux ont enregistré une baisse d'activité de 30 à 50% selon les structures, alors qu'aucun incident n'a jamais été à déplorer en plongée.

Images sous-marine : Antoine METTRA - www.aquasubrun.com

Parallèlement à l’opération CHARC

L’opération de marquage est menée parallèlement au programme CHARC (Connaissance de l’Habitat et de l’Ecologie et des requins côtiers de la Réunion), des scientifiques de l’IRD. Mais pour l’instant, comme l’expliquait cette semaine Bernard Séret dans les colonnes du magazine Sciences et Avenir, on ne dispose pas des fonds nécessaires pour l’achat de balises satellites, qui seraient pourtant les plus à même de fournir des informations intéressantes. « Elles enregistrent et conservent différents paramètres en mémoire interne, explique-t-il. Lorsque le requin revient en surface, la balise envoie des paquets de données vers le satellite dévolu à cette recherche – typiquement le réseau Argos. Au moment de la transmission automatique, la balise envoie un résumé, fait de moyennes des données. Cette technologie est très efficace, mais chère : environ 3 000€ pour une balise, à quoi il faut ajouter les 800 euros de location d’un faisceau pour la transmission des données auprès du réseau Argos. «
Réunion : opération de marquage

Un projet d’étude sur deux ans

Les autorités publiques de La Réunion, au delà du programme CHARC, ont néanmoins décidé de lancer une grande étude scientifique sur au moins deux années, avec le financement de l'Etat et de la région. « Cela fait des années, précise le biologiste spécialiste des requins, que les chercheurs réclament ce type d’étude, sans succès. Cette fois, la décision a été prise dans l’urgence, sous la pression de la population. Car nous ne disposons d’aucune donnée scientifique sur les requins de La Réunion. Nous sommes incapables, par exemple, d’évaluer la taille de ces populations. Nous en sommes réduits aux hypothèses. En fait, nous ne connaissons même pas l’identité des requins à l’origine des attaques. »

 
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