Plonger avec un photographe : 10 règles de survie

par Myriam Moussa | le Samedi 11 Décembre 2010 | Lu 3347 fois

  

Messieurs les plongeurs photographes, il est temps d’éclairer votre lanterne, celle là même qui vous fait si souvent défaut lorsqu’il s’agit de comprendre votre plongeuse de compagne, ou d’amie, venue partager vos recherches esthétiques. Au risque d’être un peu caricaturale, voici quelques règles à suivre pour nous et vous faciliter la vie.


Règle numéro 1 :

Ne jamais déconcentrer une plongeuse qui hésite entre plusieurs combinaisons, masques ou palmes. Car oui le choix de la tenue est primordial, et si vous, vous n’arrivez pas à anticiper et bien nous si. On la visualise déjà la photo de nous en masque jaune, combinaison grise et bleu ciel et palmes roses, Miss Clown Plongée non merci…D’autant plus que vous serez le premier à nous faire remarquer ensuite que « ça ne va pas du tout. »

Règle numéro 2 :

Ne jamais dire que c’est ridicule de passer une demi-heure à se coiffer alors qu’on va mettre la cagoule. On voit bien que vous ne savez pas de quoi vous parlez, on ne peut pas vous en vouloir, avec une calvitie naissante le problème se pose beaucoup moins. Mais caser la tignasse de Tina Turner sous une cagoule et bien ça se prépare : tresse, queue de cheval ou chignon, le tout est de ne pas faire penser à un remake de la soupe aux choux.

Règle numéro 3 :

Ne plus jamais demander à quoi sert la petite trousse « hello kitty» pleine à craquer qu’on essaye de caser discrètement dans votre sac de plongée, puisqu’il il n’y a plus de place dans le nôtre. Cette trousse est tout simplement une trousse de survie, oui de survie. Dedans, il y a des épingles et élastiques à cheveux, un peigne, une brosse, un gloss (traduction : produit qui rend les lèvres brillantes), un parfum, un déodorant, un écran total, du coton, un mascara, de survie que je vous dis. Bon, j’exagère un peu mais il faut au moins ça pour arriver à faire oublier le teint bleuâtre dû à une eau à 15°C, les lèvres assorties et surtout le double menton si joliment formé par l’association « détendeur trop grand et cagoule trop petite ».

Règle numéro 4 :

Oui on est indépendantes et on réclame haut et fort l’égalité des sexes, mais c’est à vous qu’on pense en premier lorsqu’on vous demande gentiment de porter notre bouteille. D’autant plus que l’on vient déjà de décharger l’intégralité de votre matériel photo pendant que vous faisiez « un dernier réglage sur un bras de flash ». Mais oui, on pense à vous, à vous valoriser, à mettre en avant votre force et votre virilité mais si vous ne voulez plus de notre aide, il n’y a aucun problème on en fera profiter un autre.

Nous voici fin prêtes à plonger, quelques conseils avisés pour la bonne entente aquatique :
Plonger avec un photographe : 10 règles de survie

Règle numéro 5 :

Lorsque vous avez besoin de nous comme modèle, sachez qu’il ne suffit pas de brailler sous l’eau pour que l’on vous comprenne. D’abord parce qu’on ne vous voit plus derrière vos bulles d’excité et surtout parce qu’on ne pouvait pas savoir que ce que vous nous montriez c’est une micro crevette nichée dans une anémone, alors qu’on s’extasiait sur la touffe d’herbes violettes juste à côté. Essayez d’être clairs, et calmes.

Règle numéro 6 :

Oui on est capable de passer la plongée à regarder la petite limace bleue qui fait du sur place, c’est le mode contemplatif et nous au moins on saura exactement combien de bandes jaunes elle avait sur sa robe. Et oui on est capables de faire des milliers de kilomètres juste pour faire causette à Némo dans cinq mètres d’eau, on ne cherche pas forcément que du gros nous, mais c’est sûrement parce que nous n’avons aucun complexe lié à la « taille »…

Règle numéro 7 :

Lorsqu’on vous fait savoir qu’on commence à avoir froid, comprenez, là, Messieurs, que par fierté on a repoussé au maximum cet aveu de faiblesse et qu’on espère que vous allez vous décider tout de suite à rebrousser chemin ; ce qui est très rarement le cas car vous n’avez toujours pas fini votre série de photos. Et si on a froid plus vite que vous c’est certainement à cause de l’immobilité que vous nous imposez, car à part nos jambes, tout le reste de notre corps sert de « porte matériel photo ». Une main pour le second appareil avec ses grands bras et ses 36 phares, le cou pour la lampe qui pourrait servir dans les petites cavités et coins sombres et la taille pour votre multitude de petits gadgets de Mac Gyver parce que « tu comprends chérie on ne sait jamais…mais moi je ne peux pas les prendre, ça m’encombre… »

Nous voilà sortie de l’eau comblée et émerveillée, continuons sur notre lancée.

Règle numéro 8 :

Elle découle de la précédente à savoir évitez de nous faire remarquer qu’on ressemble à une schtroumphette, un comble alors qu’on vous faisait signe de rentrer depuis plus d’une demi-heure.

Règle numéro 9 :

Non on n’a pas pensé à ramener une daube ou un coq au vin pour la fin de la plongée ? Et vous, y avez-vous pensé ?

Règle numéro 10 :

Après le passage en revue de ces quelques règles qui ne sont certainement pas exhaustives (il y en a tellement d’autres), vous comprendrez sûrement pourquoi il ne faudra plus nous dire une fois vos photos visualisées qu’on aurait dû mettre l’autre combinaison, mieux assortie au masque, et qu’il faudra trouver une solution à nos mèches rebelles pour que VOS photos soient plus esthétiques.

Myriam Moussa
Myriam Moussa
sur scuba people




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