Plongée Brésil : Fernando de Noronha

par Michel Braunstein | le Samedi 5 Février 2011 | Lu 7559 fois

  

Si je vous parle d’un lieu où lorsque vient le soir personne ne verrouille sa porte, où la criminalité est quasiment inexistante, où le nombre de touristes est intentionnellement limité pour préserver l’équilibre écologique et où chaque visiteur s’acquitte d’une taxe environnementale quotidienne de quinze euros, penseriez-vous que je vous parle du Brésil?
Probablement pas ! Mais un petit archipel résiste encore aux influences du continent !


Classé au patrimoine mondial de l’Unesco

Situé à trois cent quarante kilomètres des côtes brésiliennes, Fernando de Noronha se compose de vingt et un îlots d’origine volcanique. D’une superficie totale de vingt six kilomètres carrés, son île principale, la seule habitée, mesure dix kilomètres de long et jusqu’à trois kilomètres de large. Depuis 1988, ces îles sont ouvertes au tourisme à quatre vingt cinq pourcent d’origine brésilien. Plus des deux tiers de sa surface est un parc national marin et est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2002.


Sanctuaire des dauphins à long bec

A proximité de la Baie de Sancho se trouve la Baie des Dauphins ou Baia dos Golfinhos. Les dauphins à long bec (Stenella longirostris) s'y regroupent en grand nombre tous les matins, dès l’aurore, afin de venir s'y abriter après une nuit de chasse et avant de repartir pour leur odyssée marine. Ces dauphins, appelés en anglais "spinner dolphin" et en portugais "golfinho rotador" (dauphin tournant), sont connus pour leurs sauts spectaculaires. Ils peuvent réaliser jusqu'à sept pirouettes durant le même bond.

Amoureusement surveillés

Des employés de l'organisation "Projet dauphins à long bec" (Projeto Golfinho Rotador ) les recensent chaque matin pour suivre leur évolution. En moyenne trois cent quinze dauphins entrent chaque jour dans la baie pour s’y reproduire, prendre soin de leurs petits ou encore pour s'abriter des attaques de requins. Il est déjà arrivé que près de deux milles dauphins soient dénombrés. Il s'agit de la plus grande population au monde de dauphins sédentaires.


Dans la baie des tortues

A l'opposé de l'île, se trouve la "Baia do Sueste". Les tortues de mer viennent y pondre de septembre à mars. Les nids sont protégés par les patrouilles du "Projet Tamar" (Projeto Tamar ), mais il est possible de les observer tout le long de l'année, à condition de pénétrer dans la mer avec palmes, masque et tuba et de nager au-delà de la ligne des vagues qui entrent dans la baie.


Plonger dans les grottes et tunnels de Noronha

La plongée à Noronha est réputée comme étant la plus généreuse du continent sud-américain. La visibilité est exceptionnelle, allant de 25 mètres jusqu'à 45 mètres durant les mois de septembre et d’octobre, dans une eau à 26 degrés en moyenne. Il n'y a pas de corail ni de vie microscopique comme il en existe dans l'Océan Indien. L'univers sous-marin de Noronha est intéressant pour ses formations rocheuses volcaniques. Les passages étroits, les tunnels et les cavernes en font un endroit très particulier.
Plongée Brésil : Fernando de Noronha

Raies et requins

Il n'est pas rare de croiser des dauphins sous l'eau, et les grandes raies pastenagues, elles, sont visibles à chaque plongée. Requins de récif et requins nourrice se rencontrent souvent et principalement dans le superbe récif de Pedras Secas. Il est fréquent de croiser une tortue et même, lors d'une plongée de nuit, d'en voir dormir sous un rocher. Raies Mantas et requins marteaux peuvent être vus occasionnellement.
Plongée Brésil : Fernando de Noronha

Un modèle de preservation

Fernando de Noronha est un modèle de préservation de l’environnement. L’activité touristique reste limitée par la faiblesse des infrastructures et des moyens d'accès, puisque seulement deux avions de taille moyenne y atterrissent chaque jour. Tout ceci confère à ce lieu un charme unique et en fait un joyau de la nature. Un véritable plaisir pour les yeux. Si vous comptez voyager à Noronha et ne parlez pas le portugais, munissez-vous d’un bon lexique : les habitants ne parlent pas autre chose que leur langue nationale.


Dormir chez l’habitant

En ce lieu préservé il n’y a point d’hôtel. Les logements ou « pousada » sont chez l’habitant. Les infrastructures sont sommaires. Seule une route goudronnée longue de sept kilomètres traverse l'île habitée et les buggys, moyen de transport communément utilisé, permettent de rouler en dehors de l’axe principal unique. La nature est particulièrement protégée. L'île principale est entourée de seize plages paradisiaques, propres et quasiment désertes. Il est difficile de ne pas s'y arrêter.


Michel Braunstein
Michel Braunstein

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Informations pratiques

Passeport
Passeport devant être valable au moins 6 mois après la date du retour. Billet aller/retour indispensable.  Un visa de 3 mois vous est délivré à l’arrivée à l’aéroport avec votre seul passeport. Un délai de 3 mois supplémentaires peut être accordé en se rendant avec votre passeport au siège de la police fédérale de la ville où vous vous trouvez. Il suffit alors de remplir des formulaires et de payer une somme modique. La solution peut être aussi de quitter le territoire pour avoir accès à un nouveau visa de 3 mois. Mais la durée de séjour ne devra jamais excéder 6 mois dans l’année.
Une carte d’immigration comportant votre date d’entrée vous est délivrée à l’arrivée à l’aéroport. Attention de ne pas la perdre, elle est demandée à la sortie.

Vaccin
De nombreux risques : se vacciner contre DTPolio, Typhoïde, Hépatites A et B. Cas de paludisme. (Brésil classifié zone 3). Attention aux moustiques qui véhiculent la Dengue (recrudesence depuis début année 2008). Si vous vous rendez dans le Bassin amazonien, Nordeste et Pantanal, vaccin contre la fièvre jaune fortement recommandé (en principe, un carnet de vaccination international certifiant que vous êtes bien vacciné contre la fièvre jaune est obligatoire malgré des contrôles rares voire inexistants).

Avion
Taxe d’embarquement de 30 USD en repartant du brésil, payable en monnaie locale au taux du jour, en dollars ou en euros s’il s’agit de la compagnie Air France. Sans paiement, la carte d’embarquement n’est pas délivrée.

Electricité
Courant non standardisé : généralement 110 volts mais peut être de 220 v comme à Recife et Brasília. (A Rio et São Paulo, 110 ou 120 v ! ). Renseignez-vous avant votre départ. La plupart des fiches sont équipées de 2 trous, qui peuvent recevoir des fiches plates ou rondes.

Décalage horaire
Pays sur 4 fuseaux horaires avec 1 heure de décalage pour chacun d'eux.

Climat/météo
Climat tropical - Les saisons sont exactement opposées à celles de l’Europe, sauf dans la région Nord du Pays. La moyenne de température annuelle est 28°C environ dans la région Nord et de 20°C, au Sud.

Gastronomie
La feijoada est omniprésente. Il s'agit de feijão (haricots noirs), de carne do sol (viande séchée), de riz, de chou, de farine de manioc, d'abats de porc et de saucisses.
La cuisine bahianaise, quant à elle, consiste en un mélange de recettes africaines et brésiliennes, à base d'ingrédients caractéristiques comme le lait de coco, le gingembre, les piments, la coriandre, les crevettes et l'huile de dendé. Au nombre des plats typiques, on compte les acarajés (boulettes de haricots rouges pelés, sel, oignons, le tout frit dans l'huile de dendé) et la moqueca (sorte de ragoût de poisson, crevette, huître ou crabe, avec beaucoup de dendé et de lait de coco).
Les jus de fruits préparés devant vous sont très variés et délicieux.
La cachaça est un alcool courant de canne à sucre et sert de base à la caipirinha, fameux cocktail agrémenté de citron, glace pilée et sucre.

Bonne saison
Les Brésiliens, quelques 200 millions de personnes, sont les premiers voyageurs dans leur propre pays. Il est conseillé d'éviter les pics d'affluence, à savoir décembre-janvier, la période du carnaval et la semaine sainte. A ces périodes, les destinations touristiques -et principalement le littoral- sont prises d'assaut. Les hôtels et restaurants affichent complet, les plages sont bondées ...
Par ailleurs les prix connaissent une forte augmentation, et les hôtels et pousadas fonctionnent sur le système du "pacote", un forfait d'un nombre minimum (et incompressible) de nuits, le tarif de chaque nuit est supérieur au tarif moyen le reste de l'année.

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