Panoramique de l'épave du Rubis


  

Tout photographe a un jour eu envie de créér une image vraiment nouvelle, quelque chose qui n'a jamais été fait. Avec l'arrivée du numérique, nous avons une nouvelle possibilité : faire des dizaines de photos en une seule plongée, sans être limités comme avant aux 36 diapos des pellicules argentiques. Armé d'un Nikon D70, je suis parti à l'assaut du Rubis avec un but : réussir un panoramique de l'épave dans son ensemble.


De la patience et un bon coup de palmes

Panoramique de l'épave du Rubis
Avouons le, la première plongée n'a pas été la bonne, loin s'en faut. Après plusieurs heures passées sur un ordinateur devant Photoshop à assembler des calques, vous vous rendez compte que les perspectives ne sont pas bonnes, que les raccords ne se font pas ...on efface et on replonge. Il faut chercher, trouver le bon objectif, le bon angle. J'en profite pour remercier Seb, de Geckeau Plongée, qui m'a accueilli une bonne douzaine de fois sans savoir ce que je voulais faire, et qui m'a laissé partir en premier sur l'épave.....Et enfin, un jour de juin, la plongée parfaite : une eau claire, un léger courant, une faune concentrée autour de l'épave. Et je trouve le bon angle. En 15 minutes, je réalise plus de 200 photos, j'ai le temps de faire deux aller-retour entre la proue et la poupe, en prenant soin de rester en permanence à la même distance et de conserver la même ligne de prise de vue, aux deux tiers de la hauteur du Rubis, celle qui me semble donner la meilleure dynamique à l'image.

Le Rubis comme je ne l'avais jamais vu

Quand je commence l'assemblage sur mon ordinateur, je sélectionne en tout quatre-vingt photos : 40 images d'ensemble, et 40 supplémentaires pour peaufiner les raccords. C'est à ce moment-là que j'ai découvert ce que je n'avais jamais vu en plongeant : le Rubis dans son intégralité. Et je l'ai trouvé très long.
J'ai dû reprendre les côtes du navire pour m'assurer que mes proportions étaient les bonnes. J'avais en tête les dessins de Brunner ou de Sérafini, eux-même inspirés par un guide qui ne reprenait pas tout à fait les proportions réelles. Après quelques nuits blanches passées devant l'écran à améliorer l'image (format initial 160 cm x 40 cm 300dpi 1.2 Giga), je présente enfin mon travail à quelques proches, et leur réaction récompense tous mes efforts.

Mon image au Festival d'Antibes

Présentée à ce moment-là au festival mondial de l'image sous-marine d'Antibes, cette prise de vue a été le premier vrai panoramique sous-marin d'épave, donnant une véritable vision des 66 mètres du Rubis. Et la réaction de plusieurs photographes spécialisés dans les clichés d'épaves, allemands, anglais, ou américains, m'a convaincu que j'avais atteint mon but.
A ceux qui veulent aussi s'y essayer, je donnerais deux conseils : d'une part, bien faire sa série de photos perpendiculaire à l'épave, une photo décalée suffit à rendre la série inexploitable ; d'autre part, faire toute la série dans la même plongée, pour garder exactement les mêmes conditions de luminosité.

Le matériel

Nikon D70
Objectif 20 mm
De bonne palmes, une dose de folie, un bon ordinateur et Photoshop.



Réagissez à cet article


Notez

     


Dans la même rubrique :
< >