Nager avec les baleines - Rurutu, l'ile où elles naissent

par Isabelle Croizeau | le Mardi 26 Octobre 2010 | Lu 8152 fois

  

Chaque année, immuablement, de juillet à octobre, les baleines à bosse viennent mettre bas et élever leurs petits dans l’archipel polynésien des Australes. C’est du grand spectacle. Et vous pouvez y assister.


DANS LES VAGUES DU PACIFIQUE

Mesurant de 16 à 18 mètres pour un poids de 40 tonnes, les baleines à bosse ont une espérance de vie de 50 ans au moins. On les trouve dans tous les océans.
Au Pôle Sud, lorsque l’hiver austral arrive, les glaces se forment et le krill dont les baleines à bosse se nourrissent se raréfie. Les baleines entament alors une migration de 4 à 5 000 km, ou un mois de voyage vers les eaux subtropicales et tropicales pour se reproduire et élever leur petit.
De Juillet à Octobre, les eaux calmes et claires de Rurutu conviennent aux baleines qui recherchent un environnement tranquille. Les mères peuvent y rester avec leur nouveau né plusieurs semaines avant de reprendre leur route vers l’Antarctique.










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RESPECTER LES BALEINES

Approcher les baleines demande de la patience, et du respect pour les animaux : “il faut savoir renoncer si elles continuent leur route, insiste Eric Leborgne, responsable de la base Raie Manta Club à Rurutu. Il ne faut pas les poursuivre, mais attendre qu'elles acceptent d'elles-mêmes le contact”. Parfois, elles nous octroient quelques minutes avant de continuer leur route. Elles s’arrêtent un peu plus loin, repartent, et nous ne pouvons pas rivaliser : elles semblent presque immobiles et sont pourtant beaucoup plus rapides que nous, pauvres nageurs qui tentons de les suivre.

RENCONTRE MAGIQUE

Mais plusieurs fois, elles nous offriront leur présence pendant une heure ou deux, le temps pour elles d’une sieste réparatrice, pour nous d’une inoubliable rencontre avec un baleineau, Virgule, le plus coopératif mais aussi le plus agité ! Sa mère, énorme et majestueuse, bien que très amaigrie par ses semaines de jeûne et par l’allaitement, se pose sur le fond de sable blanc ou au dessus des coraux intacts qui prolongent le récif. Elle se repose. Son petit, encore incapable de faire des apnées aussi longues, remonte régulièrement à la surface pour respirer. C’est là que nous l’attendons.

VIRGULE, ENFANT TERRIBLE

Virgule progresse de jour en jour : il n’était il y a quelques semaines qu’un nouveau-né malhabile. Il est maintenant capable de faire des sauts qui le propulsent entièrement hors de l’eau, et n’hésite pas à quitter sa mère pour rejoindre les baigneurs. Enhardi, espiègle, il en deviendrait presque inquiétant, se jetant dans n’importe quelle direction. Curieux, joueur, ou carrément déchaîné selon les jours, il se livre à toutes les facéties, pirouette avec une aisance parfaite, fait la planche, offrant à tous les regards son ventre blanc, tape la surface de sa queue déjà surpuissante.


LES EAUX GLACEES DE L’ANTARCTIQUE

Nous sommes au début du mois d’octobre, il ne reste plus au baleineau que 3 ou 4 semaines pour prendre des forces : il tête un lait (600 litres par jour) à la richesse étonnante, qui a pratiquement la consistance de la crème fraîche, et lui permet de grossir chaque jour de plusieurs dizaines de kilos. En quelques semaines, il aura triplé son poids. Lui et sa mère se mettront en route vers l’Antarctique. Ils n’atteindront les eaux froides qu’un mois et demi plus tard, après avoir parcouru près de 4000 kilomètres. La mère, enfin, affaiblie et amaigrie par des mois de jeûne, pourra recommencer à s’alimenter.

RENDEZ-VOUS L’AN PROCHAIN ?

L’an prochain, Virgule et les autres reprendront peut-être ensemble la route de Rurutu. Mais les scientifiques continuent à s’interroger : reviendront-ils au même endroit ? Choisiront-ils l’île voisine de Tubuai, ou plus à l’Est celle de Rapa ? Remonteront-ils plus haut, vers les eaux chaudes de Moorea ? Pour tenter de comprendre les migrations des jubartes, des prélèvements ADN, réalisés à partir des morceaux de peau que les géantes perdent en permanence, commencent à être analysés. Mais la science de terrain avance à pas comptés, les mégaptères ont encore bien des secrets à livrer.










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LE CHARME DES AUSTRALES

Rurutu a presque la forme d’une Afrique miniature, mais toute en collines, d’un vert sombre. Elle a conservé le charme d’un paradis sans fard. Ici, pas de lagon, mais une alternance de falaises, de plages désertes, de monts comme le Manureva : une nature intacte, sauvage, parfois dure. La mer est rarement calme, pour sortir il faut passer la barre, par des passes étroites où les vagues s’engouffrent : l’habitude des pilotes-pêcheurs, est primordiale.

LE SANCTUAIRE

Plus grand que l’Europe, le sanctuaire de protection des cétacés de Polynésie Française créé en mai 2002 s’étend aux cinq archipels : Tuamotu, Gambier, Australes, Iles de la société, Marquises. L’arrêté protège les animaux et règlemente leur approche, en limitant par exemple à 50 mètres la distance d’observation des baleines à bosse en bateau, une distance augmentée à 100 mètres si un baleineau les accompagne, et à 30 mètres la distance d’observation des dauphins et autres cétacés. A Rurutu, le Raie Manta Club bénéficie d’une dérogation pour la mise à l’eau des nageurs.

COTE PRATIQUE

Rurutu est réputée en Polynésie française pour son artisanat, la vannerie et notamment le travail de la fibre du pandanus qui assure à de nombreuses familles de l'île des revenus non négligeables. Si l'agriculture et la pêche restent d'autosuffisance, le tourisme commence à se développer. Rurutu est en effet devenue en quelques années l'île aux baleines. De juillet à octobre, elles viennent se reproduire à quelques encablures du rivage, attirant une clientèle internationale. L'authenticité de l'île, sa culture préservée, ses plages de sable blanc, sa flore tropicale et ses grottes attirent aujourd'hui une clientèle à l'année.

L’observation des baleines s’effectue autour de l’île, à bord d’une embarcation de 6m avec moteur de 150cv turbo diesel, avec l’accompagnement d’un moniteur et d’un pilote expérimentés.
Les sorties sont organisées en 1/2 journées, et se font uniquement en PMT.
On peut également faire de la plongée bouteille (hors baleines).

SITE OFFICIEL : Tahiti tourisme

FORMALITES :
Le Passeport en cours de validité suffit pour la Polynésie mais les vols transitant aux Etats-Unis, un passeport électronique est obligatoire.
Mise à jour des vaccins Tétanos, Polio et hépatite A recommandée. Prévoir des répulsifs anti-moustiques.

LANGUES : Français & Tahitien

MONNAIE : Le franc pacifique : 100 CFP = 0,83 €.
Attention, les cartes bancaires ne sont pas toujours acceptées.
Une banque munie d’un distributeur automatique est à votre disposition au village de Moerai.

ELECTRICITE : 220v – prises européennes

DECALAGE HORAIRE : - 11h en hiver et - 12h en été (GMT – 10h )

VOL : environ 22h de Paris à Papeete – 1h30 de Papeete à Rurutu

CAISSON HYPERBARE :
Centre Hospitalier Territorial MAMAO
Centre Hyperbare
BP 1640
98713 PAPEETE-TAHITI
Tél: (689) 46.62.62 - Fax: (689) 43.24.24

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