Michel Lonfat : de l'autre coté du miroir dans le lac de Géronde


  

Dès que le froid arrive, c’est avec beaucoup d’impatience que j’attends le gel des plans d’eau de la région. Il y en a un en particulier qui se couvre de glace plus rapidement que les autres : il est peu profond, et le soleil, pendant les journées hivernales, l'atteint rarement.


"On va pouvoir casser la glace"

Un vendredi, un petit tour en voiture vers le lac me réconforte. Le plan d’eau est bel et bien gelé : « On va pouvoir casser la glace… » et ça, c’est super excitant pour tout plongeur d’eau douce.
Tout se présente pour le mieux : ils annoncent grand soleil pour le week-end. C’est juste parfait. Le rendez-vous avec mon binôme habituel, Jean-Pierre, est prévu pour le lendemain à 14h00, le créneau soleil allant à cette période de 13h30 à 15h30.
C’est enfin samedi : souhaitant profiter un max de cette belle journée, au vu des bonnes conditions pour faire une montée en peau de phoque avec Caroline, ma femme, je pars pour la matinée en direction d’un petit sommet non loin de chez moi. La descente se passe dans des conditions idéales, dans la neige poudreuse. Je récupère ma voiture et me dirige avec hâte vers le lac.
Michel Lonfat : de l'autre coté du miroir dans le lac de Géronde

Température extérieure -5°

Jean-Pierre est déjà sur place, il m’attend. Lui aussi est impatient de faire le grand saut. Une toute petite partie du lac n’est pas gelée, ce qui facilitera notre entrée et nous permettra de plonger en toute sécurité.
Nous nous empressons de nous équiper. Dernières vérifications habituelles de mon appareil photo. Tout est en ordre, on se lance à l’eau. Un coup d’œil vers mon binôme : tout comme moi, ça se voit, il est heureux.
C’est parti pour notre petite balade : là-dessous en quelques secondes s’ouvre à nous un monde magique. On s’y sent vraiment bien. Ma respiration est lente, mes bulles restent captives de la glace, et forment de grosses poches d’air qui font office de « miroirs ». C’est une ambiance unique et féerique. A certains endroits la glace est très épaisse, donc incassable, mais offre des jeux de lumières extraordinaires. A d’autres, la couche est plus fine. Elle se laisse facilement transpercer. J'en profite pour faire un trou et ainsi jouir du paysage extérieur. C’est à ce moment bien précis que l’on se rappelle que notre monde est celui qui se trouve de l’autre côté de la glace. Je fais mes réglages sur l’appareil et immortalise cet instant. Il est juste magique…

Après 40 minutes dans une eau à 4° nous décidons de mettre un terme à cette plongée.
Nous ressortons heureux, les yeux pétillants de joie…

Comme je dis toujours : « c’est que du bonheur ».
Vivement la prochaine plongée sous glace.

Michel Lonfat
Michel Lonfat  

sur scuba people


Mon terrain de jeu : Le Lac de Géronde

Le Lac de Géronde se situe à côté de la ville de Sierre, en Valais au cœur des Alpes Suisses. C’est un magnifique plan d’eau à découvrir en plongée. Il y a quelques années, il était rempli d’écrevisses Indigènes. C’était un des rares endroits où l’on pouvait encore observer cette espèce en milieu naturel. Malheureusement toutes les habitantes du Lac de Géronde on été décimées récemment par la « Peste ».
L’hiver, le Lac de Géronde est un de mes « spots » favoris. La qualité de l’eau y est extraordinaire (très bonne visibilité et très peu de particules) et la glace se forme rapidement. C’est un terrain de jeu idéal pour le photographe-plongeur que je suis.


Réagissez à cet article



Notez

     


Dans la même rubrique :
< >