Mère et plongeuse : comment cumuler les fonctions ?


  

Il y a deux ans, vous étiez encore cette plongeuse insatiable, sac prêt en permanence, le nez dans les catalogues au premier week-end pluvieux, et sous l’eau à faire des bulles le reste du temps. Et puis il y a eu Paul. Ah, votre petit Paul… le soleil de vos jours, votre bonheur…accroché à vous aussi sûrement qu’une arapède à son rocher. Et numéro un au royaume des empêcheurs de plonger en rond.


Pour votre homme, rien n’a changé

Votre homme, lui, est toujours aussi enthousiaste, et rien n’a changé. Son sac à lui est toujours prêt, il est toujours partant pour filer dès le vendredi soir vers l’Ouest ou vers le Sud. Et vous, à ce moment là, vous avez deux solutions. Soit le suivre, armée de couches, lingettes, pyjamas et ours en peluche. Soit rester à la maison avec Paul, et choisir entre le parc et ses balançoires ou le petit manège qu’il aime tant. Au retour, l’Homme ne manquera pas de vous dire que les plongées étaient géniales, que vous auriez adoré. Mais ça, vous le savez déjà.
Mère et plongeuse : comment cumuler les fonctions ?

La reine des pontons

Si vous optez pour la première solution, y aller quand même, vous allez devenir une spécialiste incontestée des côtes françaises. Mais uniquement des aménagements portuaires. Spécialité pontons. « Celui-là il est très bien. Il y a des robinets (pour le biberon), des toilettes (important)". Votre horizon de plongeuse s’est considérablement rétréci. Et pour peu que le temps soit un peu maussade, c’est votre humeur qui va très vite tourner au gris.

Vacances plongée…sans plongée

Mère et plongeuse : comment cumuler les fonctions ?
Comme l’homme n’a toujours pas réalisé que vous aviez un gros fil à la patte, le séjour plongée en Thaïlande prévu depuis l’année dernière est maintenu. Ah, la Thaïlande, ses alcyonaires, ses poissons multicolores, ses eaux chaudes…Vous en rêviez depuis si longtemps. Le problème, c’est que dans cette liste de délices, à moins d'avoir un compagnon exemplaire prêt à partager, vous n’aurez droit peut-être qu’à l’eau chaude. Et encore, même pas pour nager, avec l’arapède dans les bras c’est extrêmement difficile. Et quant à mettre au moins un masque sur le nez pour regarder ce qui se passe sous la surface en bord de plage, n’y songez même pas, il faudrait pour cela tenir l’arapède à bout de bras en lui maintenant la tête hors de l’eau….

Abandonner l’arapède

Vous me direz, il n’y avait qu’à pas l’emmener, l’arapède. Il y a bien quelque part une grand-mère compréhensive et en mal de pouponnage pour se charger de Paul. Une semaine, rien qu’une petite semaine. Et c’est vrai, quand on le fait, ça fait un bien immense. Mais pour des tas de raisons familiales, ce n’est pas toujours possible. Et puis, c’est bête, mais là ce sont nos tripes qui parlent, on a parfois du mal à envisager de s’envoler à 5000 kilomètres sans nos arapèdes. A la seule idée de ne pas pouvoir être là très vite s’il leur arrive quelque chose, on a déjà mal au ventre.

La journée rêvée d’une mère plongeuse

Ce dont on rêverait, c’est simple en fait. Vers neuf heures, sur la magnifique plage thaïlandaise conforme en tous points aux photos du catalogue, une jeune fille souriante nous attendrait et Paul (l’arapède) lui tendrait déjà les bras tant elle serait avenante. Le temps d’enfiler un petit lycra, nous partirions pour une plongée sympa, à quelques minutes de bateau seulement, pour en prendre plein les yeux. Et deux heures plus tard, nous retournerions sur la plage retrouver l’arapède, heureuse d’avoir fait une belle plongée, et toute prête cette fois à faire des châteaux de sable avec sérénité.

Appel aux clubs

Mère et plongeuse : comment cumuler les fonctions ?
Certes, ce n’est pas possible partout. Mais dans de nombreux pays, il n’est pas très compliqué pour les clubs de trouver une nounou pour la matinée. En les choisissant bien sûr sérieuses, histoire de ne pas retrouver Paul en train de cramer tout seul sur la plage la bouche pleine de sable. Ce serait un service en plus, sans pour autant doubler le prix des plongées. Et un énorme bonheur pour des tas de plongeuses qui voudraient tant concilier vie de famille et passion sous-marine. Sans être obligées d’attendre de pouvoir plonger AVEC les arapèdes, ce qui prend quand même une bonne dizaine d’années. Et encore, à condition de ne pas en avoir une colonie.


Réagissez à cet article



Notez

     


Dans la même rubrique :
< >