Matériel de plongée : dépoussierage de printemps

par Patrick Marchand | le Samedi 23 Avril 2011 | Lu 6625 fois

  

A l’heure de sortir son sac de sous l’escalier, voici quelques conseils pour vérifier simplement l’état de votre matériel. En ce qui concerne le matériel technique, et notamment le détendeur, la bonne solution reste une révision annuelle en fin de saison dans un centre agréé, mais si vous ne l’avez pas fait, essayons de parer au plus pressé.


Première étape, Palmes Masque Tuba

Que la jupe de votre masque soit un peu jaunie ou qu’elle perde un peu de sa transparence est inévitable. Vous ne pouvez rien y faire sauf le laisser le moins possible exposé aux UV. En revanche vous surveillerez d’éventuels points noirs à la jonction des vitres et de la jupe, ce sont des champignons qui adorent certains silicones. Le seul traitement que je connaisse, c’est une dose d’alcool à 60% ou de Dakin pour tuer les germes. Les traces ne disparaîtront pas entièrement mais vous serez rassurés sur la présence d’organismes vivants dans votre masque.
Spores de moisissure
Spores de moisissure

- Sangles et boucles à vérifier

Vérifiez la sangle et les boucles, la première doit être intacte et les secondes doivent fonctionner librement : tension, relâche, si elles restent coincées, c’est qu’elles ont été mal dessalées. Faites simplement tremper votre masque dans un bain d’eau très chaude, quand l’eau devient manipulable, actionnez la boucle plusieurs fois dans l’eau. Même punition pour les sangles de palmes, si vous avez des boucles largables, et qu’elles ont été stockées ouvertes, vérifiez quand même que la partie solidaire de la palme y est toujours, elles ont une fâcheuse tendance à se décrocher de la voilure quand on les stocke ouvertes.

Couteau inoxydable…oxydé

L’inox de votre couteau de plongée n’est jamais tout à fait… inoxydable, sinon il ne couperait pas non plus, et je me suis laissé dire que le cobalt contenu dans le plastique des gaines et du manche des couteaux provoque immanquablement la réaction d’oxydation.
Frottez la lame avec un tampon récurant ménager et du WD 40.
Et à l’avenir, stockez votre couteau hors de sa gaine.
Matériel de plongée : dépoussierage de printemps

Vêtement : souplesse et fermetures

Tout ce qui peut arriver à votre vêtement, en dehors d’une déchirure oubliée à la fin de la saison dernière, ce sont des fermetures récalcitrantes. Là encore, le sel y est pour quelque chose, faites tremper dans l’eau douce.
Je rappelle ici qu’un petit passage en machine, à froid, sur programme délicat, sans essorage, avec un dose d’adoucissant dans le tambour fait beaucoup de bien aux vêtements de plongée.
Si votre vêtement est équipé de fermetures à glissières en métal, vous pouvez les frotter avec de la paraffine à confiture, la paraffine reste sur le curseur et ne coule pas. Si vous avez une fermeture étanche T.Zip en nylon, il faut la badigeonner de graisse silicone avec un pinceau, non seulement les mailles et le curseur mais aussi le « chemin » sur lequel se déplace le curseur tout le long de la fermeture.

Changer la pile de l’ordinateur

Le contrôle de votre ordinateur se borne à vérifier l’état de la pile. Si elle n’est plus en état et qu’elle ne peut être changée par l’utilisateur, il faut courir au magasin le plus proche. S’il s’agit d’un modèle changeable par l’utilisateur, alors suivez le guide avec notre ami Didier Monot de chez Fadis diving et sa démonstration en vidéo.
Une précision sur l’affichage numérique de l’autonomie résiduelle : les ordinateurs utilisent des piles au Lithium qui sont très stables en tension pendant toute leur durée de vie. Or les affichages d’autonomie sont en général basés sur…la chute de tension de la pile : en clair, quand la tension commence à chuter assez sensiblement pour que le système le détecte, c’est que la pile est quasiment morte. Un ordinateur qui vous affiche 50% après 100 plongées ne fera jamais 200 plongées, et, à 50%, estimez vous heureux s’il en fait encore une dizaine.


Vérifier la charge des éclairages

Si votre éclairage fonctionne avec des piles, j’espère que vous aviez pensé à les enlever à la fin de la saison passée. Si vous ne l’avez pas fait et que tout va bien, n’essayez pas une deuxième fois, vous prenez vraiment le risque de voir les piles «couler » et oxyder tout le compartiment.
Si tout va bien, mettez des piles neuves et c’est parti. Avec des accumulateurs NiCa ou NiMh, l’autodécharge a, sans aucun doute, en grande partie, vidé votre batterie. Avant de la recharger, finissez quand même de la vider en allumant votre phare dans une bassine d’eau. Contrairement aux idées reçues, même les Led chauffent, la chaleur est transmise à un radiateur sous la ou les Leds et ce radiateur dissipe la chaleur dans l’eau par l’intermédiaire du corps du phare. Une fois vraiment vide, procédez à une charge complète en profondeur, avec un chargeur rapide automatique, laissez quoi qu’il en soit le phare en charge d’entretien une nuit complète. Videz le à nouveau et refaites une charge complète, voilà, vous devriez vous approcher à nouveau de l’autonomie théorique.

- N’oubliez pas les joints

Nettoyez et graissez les joints toriques qui assurent l’étanchéité. Il arrive que les joints collent après une longue période d’inactivité, c’est une réaction chimique normale de la graisse silicone avec les nitriles et autres caoutchoucs synthétiques. Il faut ouvrir, je ne connais pas d’astuce, il faut forcer. Une fois ouvert, nettoyez le joint et surtout les portées et les gorges de joints à sec avec un chiffon qui ne peluche pas, mettez de la graisse neuve EN TOUTE PETITE QUANTITÉ sur le joint et refermez. En toute petite quantité veut dire que le joint doit être gras mais que vous ne devez pas voir de graisse à l’œil nu.

Détendeur : l’objet de toutes vos attentions

Votre détendeur sera l’objet de toute votre attention, évidemment. Là encore, Didier Monot vous guide en vidéo pour contrôler…ce qui est contrôlable avec ou sans air comprimé. Soyons sérieux, vous ne pouvez pas contrôler grand chose sans air comprimé, mais au moins l’état visuel des flexibles et de l’embout.
Vous pourrez aussi aspirer fortement dans votre détendeur pour vérifier l’étanchéité de la soupape d’expiration, en principe, vous ne devez pas pouvoir inspirer du tout. Si vous sentez, ou entendez, un peu d’air passer c’est que la soupape n’est plus étanche. Elle est sale ou endommagée, il faudra démonter le détendeur pour le vérifier. Pour les flexibles, l’embout, le filtre, le manomètre, le flexible d’inflateur, suivez le guide en images. Mais si vous avez un doute sur vos capacités, faites appel à un spécialiste.


Gilet : il faudra se mettre à l’eau

Pour le gilet aussi vous trouverez des conseils filmés, mais passées les quelques vérifications envisageables par vos soins dans votre salon, vérifications qui vous permettent de plonger en toute sécurité pour ce premier week end, vous ferez surtout attention lors de la première plongée.
L’étanchéité des purges est, par exemple, compliquée à vérifier puisque par nature une purge se déclenche au delà d’une certaine pression, donc quand vous appuyez sur votre enveloppe, si vous y allez vraiment fort, vous allez ouvrir vos purges, il n’y a que pendant la plongée que vous verrez si une micro fuite par-ci ou une porosité par-là dégonfle lentement votre gilet.

en BONUS : le manomètre



Bon premier week-end de plongée à vous toutes & tous

Et n'oubliez pas... le matériel est prêt, reste encore à dépoussierer vos réflexes et à retrouver vos marques ;-)
Une fois de plus, excellentes plongées.

Patrick Marchand
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