Masque de plongée : y voir + clair

par Patrick Marchand | le Samedi 5 Février 2011 | Lu 20502 fois

  

Nos yeux sont bien faits : dans l’air, ils sont capables de transformer une multitude de points lumineux en une image nette et précise. Mais sous l’eau, le système ne fonctionne plus. Et pour retrouver une vision correcte, il faut absolument intercaler une couche d’air entre l’eau et l’œil. C’est le rôle du masque. Mais s’ils sont tous composés des mêmes éléments principaux, leurs différences nous obligent à faire des choix.


Assurer une bonne étanchéité

La jupe est la partie souple du masque, elle assure l’étanchéité sur le visage. Elle doit être à la fois assez souple pour s’ajuster au visage sans être blessante et sans demander un serrage trop important de la sangle, et assez rigide pour rester en forme et ne pas s’écraser sur le visage. Depuis peu, quelques fabricants possèdent la technologie de l’injection bi matière, qui permet d’injecter en deux passes mais dans le même moule deux matières de duretés différentes tout en assurant l’homogénéité du moulage final. Les Liquidskin de Mares et les Crystal Silicon de Cressi, par exemple, sont injectés comme ça.


La jupe doit adhérer au premier contact

Vous avez tous entendu parler du test qui consiste à placer le masque sur le visage sans la sangle, on aspire, s’il colle c’est qu’il vous va ! Je pense qu’aujourd’hui, à moins de dénicher un vieux masque en caoutchouc naturel resté sur une étagère, la souplesse des silicones fait que tous les masques collent pour tout le monde. Il vous faudra un peu plus d’attention pour essayer de sentir si, dès le premier contact, et sans avoir besoin d’aspirer par le nez comme une bête, la jupe du masque adhère partout en même temps sur votre visage.

Les limites des jupes transparentes

Masque de plongée : y voir + clair
La plupart des masques existent en version à jupe transparente ou noire. Le transparent ne permet pas la vision à travers la jupe, il laisse simplement passer la lumière. On lit parfois que les jupes transparentes sont plus agréables, limitent l’effet de claustrophobie chez le débutant, mais, au risque de déplaire aux fabricants, il est clair qu’une jupe transparente, en petite profondeur ou en eaux très lumineuse, nuit à la qualité de la vision. Elle laisse passer la lumière latérale et cette lumière pollue votre perception de ce qui est plus éloigné et plus sombre. Et je ne parle pas de regarder dans un viseur quand on est photographe. Pour faire simple, on devrait réserver les jupes claires aux jeunes filles aux yeux clairs qui jouent les modèles parce que c’est beaucoup plus joli, et les jupes noires à tous ceux qui veulent voir quelque chose, photographes en tête.

Un verre ou deux

Rappelons que c’est avant tout la distance entre la surface vitrée et l’œil qui conditionne le champ de vision : plus elle est courte, plus il est large. Par exemple, lorsque vous regardez à travers un tube, votre champ de vision est très rétréci. Mais si vous regardez à travers un objet transparent collé à votre oeil, il s'élargit considérablement. La morphologie du visage est telle que si l’on veut rapprocher la surface vitrée de l’œil, il faut passer par une solution à deux verres. Un verre unique reste forcément éloigné de l’œil puisqu’il vient en buttée sur l’arrête du nez. L’utilisation de verres latéraux, elle, n’apporte pas grand chose au champ de vision et peut même induire des désagréments du genre kaléidoscope : le mal de mer n’est pas loin.

Pouvoir corriger sa vision

Notez aussi que si vous pensez devoir corriger votre masque les verres vont devoir éventuellement être remplacés ou démontés. Pour corriger la myopie il faut remplacer les verres par des verres taillés correspondants à votre prescription, ce sont les corrections en valeur négative, là le masque binoculaire est obligatoire. Pour les presbytes, les verres positifs seront rapportés par collage sur le verre d’origine, donc démontage obligatoire pour pouvoir polymériser les verres, là encore, le binoculaire est préférable. Les grands fabricants proposent néanmoins des verres correcteurs d’origine, généralement livrables par demi dioptrie, ce qui apporte une précision de corrections largement suffisante pour qui ne passe que quelques dizaines d’heures par an dans l’eau. En résumé, renseignez vous bien avant votre achat.
Masque de plongée : y voir + clair

Un sanglage adapté à la taille de sa tête

On est loin, désormais des boucles en inox impossibles à régler sans enlever le masque, on peut dire que tous les systèmes fonctionnent correctement. Toutes les sangles modernes sont larges, doubles et permettent un placement qui ne glisse pas, sur la pointe du crâne. Et parmi les récentes améliorations qui apportent vraiment quelque chose, signalons les boucles articulées dans les deux axes, c’est à dire que vous pouvez aussi les écarter vers l’extérieur sans risquer de les casser. Regardez votre binôme mettre son masque et vous constaterez que les boucles que l’on peut ouvrir vers l’extérieur améliorent vraiment la solidité de votre masque. Sans compter, surtout pour les plus grosses têtes, que ces boucles permettent aussi une orientation idéale de la sangle et améliorent donc de facto l’étanchéité du masque et le confort.

Et la buée ?

La condensation de la vapeur d’eau sur une surface de séparation entre deux milieux de température différente est inévitable. En clair votre masque fera toujours et inévitablement de la buée, du moins des gouttelettes d’eau. Mais si ces gouttelettes troublent la vision et se comportent comme un écran, c’est parce qu’elles restent agglomérées à la surface du verre qui n’est pas parfaite. Quand vous crachez dans votre masque ou quand vous y mettez un produit antibuée, vous « lissez » ces imperfections, permettant ainsi aux gouttelettes de ne pas s’agglomérer mais de « glisser » vers la périphérie de la vitre. Mais pour permettre le démoulage des jupes en silicone, on utilise un produit. Et ce sont les résidus de ce produit qui se déposent sur les vitres et vont empêcher l’action salvatrice de votre salive ou de votre produit antibuée.

Utiliser un produit légèrement abrasif, type dentifrice

Il faut donc éliminer ce démoulant pour ne plus être ennuyé par la buée. Attention, ce n’est pas pour autant que votre masque sera devenu antibuée, seulement il redeviendra un masque normal dans lequel il faut cracher. On ne peut pas « nettoyer « ce produit, il faut utiliser un léger abrasif pour l’éliminer. Le dentifrice fonctionne, à condition de ne pas être un gel trop doux : il vous faudra trouver un de ces dentifrices dont vos grands parents se servaient déjà, il y en a un dont le logo est un toréador qui salue la foule, il y a une pierre précieuse qui plait aux filles dans le nom. De la même manière les crèmes à récurer à l’ancienne, un peu abrasives, fonctionnent très bien, ainsi que les poudres à lustrer pour les véhicules d’occasion, et les pâtes à polir le métal.
Masque de plongée : y voir + clair

En résumé, les règles à garder en tête avant de choisir

- Sentir la jupe coller à votre visage partout en même temps.
- Appuyer au centre du cerclage, le masque ne doit pas venir toucher l’espace entre vos sourcils ou le haut de votre nez.
- Prenez les 3 ou 4 modèles entre lesquels vous hésitez, restez parfaitement immobile face au rayon du magasin et alternez les masques, vous jugerez ainsi de la différence de champ de vision d’un modèle à l’autre.
- N’oubliez pas que l’on voit mieux avec une jupe sombre.
- Renseignez vous, si vous êtes concernés, des possibilités de correction plutôt que d’attendre d’avoir le masque pour vous apercevoir que la correction est impossible ou trop onéreuse.

Patrick Marchand
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