« Hérault, coulisses d’un fleuve » :
une beauté insoupçonnée

par Isabelle Croizeau | le Samedi 11 Décembre 2010 | Lu 1952 fois

  

Directeur d’un centre de plongée sur les bords de la Méditerranée, Frédéric Maxant ne dédaigne pas pour autant les plaisirs plus secrets des eaux intérieures. Après nous avoir émerveillés avec « Thau, oasis de vie », il nous entraîne cette fois dans une autre aventure, avec « Hérault, coulisses d’un fleuve ». Un beau livre d’images, mais aussi de textes riches, sous la plume d’Elisabeth Mauris, biologiste, plongeuse, et journaliste.


« Hérault, coulisses d’un fleuve » :<br>une beauté insoupçonnée

Comment est née l’idée de ce livre ?

Naturellement. Après avoir fait découvrir Thau sous un angle nouveau j’ai eu envie de faire découvrir un autre milieu mal connu et surtout plein d’idées reçues. Pour cela je me suis dirigé vers le fleuve le plus proche de chez moi, l’Hérault, colonne vertébrale du département et que tous les héraultais connaissent pour s’y être baignés ou y avoir pagayé au moins une fois ! Comme pour Thau, la démarche consiste à en dévoiler les richesses et grâce à la photographie sous-marine à sublimer le lieu. On ne protège, hélas, bien souvent que ce que l’on trouve beau. L’idée est donc de révéler au grand public la beauté de ces paysages subaquatiques.

Les ouvrages sous-marins qui s’éloignent de la mer sont rares. Comment, alors que vous dirigez un club de plongée, avez vous commencé à plonger en eau douce ?

J’ai débuté la plongée il y a plus de 30 ans au large de Carnon et Palavas. Désormais c’est mon lieu de travail, le centre Plongée Carnon a été créé il y près de 20 ans. Mon quotidien est donc bel et bien la plongée en mer, et tous les jours avec le staff du centre nous apprenons aux gens à plonger mais aussi à porter un regard nouveau sur les fonds au large de la côte montpelliéraine. L’eau douce s’inscrit donc dans un projet plus global, après la mer au quotidien, Thau, l’eau douce s’imposait pour présenter un panorama complet de la plongée dans notre département.
« Hérault, coulisses d’un fleuve » :<br>une beauté insoupçonnée

Pour réaliser les images, vous avez plongé saison après saison, quelle est votre période préférée dans la rivière ?

Mon projet a débuté en 2005. Cela représente 5 ans de travail, plus de 300 plongées sur la totalité du cours et une grande partie des affluents plongeables. Toutes les périodes ont finalement leur charme. L’hiver offre des ambiances sublimes, des poissons léthargiques (donc approchables !), une eau froide mais parfois cristalline. Le printemps c’est au contraire l’explosion, la frénésie. Toutes les espèces sont présentes, les amphibiens, les serpents qui apparaissent et certains migrateurs.
J’ai fait au printemps des plongées incroyables. Toutes plongées et tous voyages confondus je n’ai jamais vu une telle densité et diversité d’espèces en une plongée. Vous pouvez croiser des dizaines de carpes grosses comme des mérous, des silures, des carnassiers de toutes sortes (brochets, sandres), le tout dans un décor d’entrelacs de troncs, de branches, le tout dans une lumière irréelle.
« Hérault, coulisses d’un fleuve » :<br>une beauté insoupçonnée

Votre photo préférée et pourquoi ?

Peut-être celle de la crevette Caridine, non pas que ce soit esthétiquement la plus belle, mais elle représente pour moi l’engagement de la photographie animalière. J’ai dû me documenter auprès de mes potes naturalistes (beaucoup ne parlent que sous la torture ou après une bonne bouteille de vin !) , réaliser une bonne vingtaine de plongées pour la localiser et ensuite trouver une espèce un peu plus colorée et dans un environnement sympa. Bref beaucoup de demi journées pour rien, déprimantes pour au final un déclic jouissif.
Crevette Caridine
Crevette Caridine

Un regret, une photo que vous rêviez de faire et que nous n’avez pas encore ?

Il y aurait sur le fleuve Hérault, un ou plusieurs couples de loutres. Localisées par les naturalistes elles n’ont jamais encore été photographiées. Un beau challenge...

Vous avez travaillé avec Elisabeth Mauris, est-ce que sa formation de biologiste vous influence dans vos choix ?

« Hérault, coulisses d’un fleuve » :<br>une beauté insoupçonnée
Oui, ma collaboration avec Elisabeth date de plusieurs années. Nous avons publié plusieurs articles dans la presse naturaliste et tourisme. Elisabeth est pour moi du pain béni ; journaliste, biologiste de formation elle connaît de plus parfaitement le milieu de la plongée, puisqu’elle est niveau 4 et ancienne rédactrice en chef du magazine Océans ! Nous avons travaillé de concert, je lui montrais mes clichés au fur et à mesure et lui relatais avec le plus de précision possible les paysages sous marins, les ambiances et les espèces rencontrées sur une zone. Elisabeth me guidait quant à elle sur telle ou telle espèce à traquer !

Les auteurs :

Frédéric Maxant dirige le Club Plongée Carnon, qu'il a créé il y a une vingtaine d'années. Les fonds marins languedociens sont son quotidien, et c'est tout naturellement qu'il s'est tourné vers la photo sous-marine.

Après un doctorat en biologie marine, Élisabeth Mauris s’est tournée vers le journalisme. Rédactrice en chef de la revue Océans pendant 5 ans, elle est désormais journaliste indépendante, spécialisée dans les sujets nature (terrestres et marins), tourisme et patrimoine. Elle collabore à différents magazines, nationaux et internationaux, destinés au grand public et compte à son actif les textes de plusieurs ouvrages.

« Hérault, coulisses d’un fleuve », Edition Biotope. 39 euros



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