Avoir ses règles et plonger, c’est pas la Mer Rouge !

par La Morue | le Dimanche 28 Novembre 2010 | Lu 13073 fois

  

Osons les thèmes « dont on ne parle pas » sur les femmes et la plongée ! Pour ce n°3 du Mag, je vous propose un sujet qui tarabuste les plongeuses au moins une fois par mois : peut-on plonger lorsque la marée (rouge) monte ?



Avoir ses règles et plonger, c’est pas la Mer Rouge !

L’appel du squale ?

Mettons tout de suite fin à une légende sous-marine ! Une femme peut plonger en période de menstruation, sans pour autant être immédiatement attaquée par un requin aux dents acérées. Bien que le requin ait un odorat particulièrement développé, ce n’est pas une goutte de sang humain qui suffira. Rappelons que le requin est plutôt intéressé par le sang de poiscaille…J’ai moi-même tenté l’expérience plusieurs fois, dont une fois à Komodo, lors d’une plongée aux aurores alors que les requins étaient en plein petit déjeuner… les carangues semblaient plus appétissantes que votre petite morue palmée !

Avoir ses règles et plonger, c’est pas la Mer Rouge !

Quand les Anglais débarquent…

Cette expression légèrement désuète vient des guerres napoléoniennes. A l’époque, l’armée anglaise était toute de rouge vêtue, et le flot des soldats pouvait être comparé au flot de sang qu’annonçait le combat. Mais cette métaphore, dans l’affaire qui nous occupe, paraît quelque peu exagérée. En effet, quand les Anglais débarquent, ce n’est pas forcément un véritable déferlement, et ça ne déborde pas dans tous les sens

Avoir ses règles et plonger, c’est pas la Mer Rouge !

Les femmes s’en tamponnent !

Il existe un truc magique pour éviter les fuites : ça s’appelle un tampon !
Et nager avec un tampon, cela ne pose pas de problème, c’est même l’un des arguments clés des publicités sur le sujet ! Et même si les publicitaires vivent parfois dans le monde de Oui-Oui, celui où les règles sont bleues (comme le pipi des bébés), ils ont raison sur un point : avec un tampon, on peut tout faire, même plonger ! Et contrairement à ce que nous montre la publicité ci-dessous, ce n’est pas parce que le tampax absorbe les flux de l’intérieur, qu’il absorbe également le flux de l’extérieur. C’est une sorte de péage à sens unique ! Nous serions bien incapables de contenir la Mer entière !


Je vois la vie en rouge

Il y a quand même une contrainte à l’utilisation de tampons ! Certains bateaux n’ont pas de toilettes et lorsque les clubs proposent des sorties à la journée, l’infrastructure à bord complique parfois un peu (beaucoup) les choses. Et quand il y a des toilettes, il n’y a pas toujours de poubelles…Bref, amies plongeuses en période de règles, vérifiez que votre bateau est doté de toilettes (pour le zodiac, ce sera la prochaine fois) et ayez toujours un tampon dans votre sac de plongée, ça peut d’ailleurs servir à autre chose : j’ai rencontré, l’été dernier, une dame fort respectable qui mettait des tampons hygiéniques dans le caisson de son appareil photo. Aussi absorbant qu’un sachet de silicat !
Avoir ses règles et plonger, c’est pas la Mer Rouge !

Y a-t-il des restrictions physiologiques particulières ?

N’étant ni médecin hyperbare ni gynécologue, j’ai essayé de glaner quelques informations sur les sites de la fédé ou de PADI et dans mes bouquins de cours. Sur le site de PADI, on lit cette simple phrase « Les menstruations ne sont généralement pas un problème. » Ha ben super, on est contente, avec ça ! Du côté de la CMAS, on n’a pas mieux. J’ai trouvé ceci dans les tutoriaux du club de Champigny : « Certaines réserves ont été émises quant à l'incidence du cycle menstruel (…) Les règles correspondent à une période de rétention d'eau, d'hypersensibilité au froid et d'instabilité neurovégétative, tous ces facteurs pouvant accroître le risque d'accident de décompression. «


De la théorie à la pratique

« Mais ces propos théoriques doivent être tempérés, à la lumière, notamment, d'une étude menée sur 400 femmes pratiquant la plongée soit pendant leurs règles (131), soit au cours d'une contraception oestro-progestative (106) ou en dehors de toute contraception et des périodes de règles. Cette enquête n'a permis de constater aucune différence significative sur le nombre d'accidents, que les plongées aient été pratiquées avec ou sans palier. Les données théoriques sont donc largement tempérées par les observations pratiques. »

Quelques conseils pour finir

En période de menstruation, c’est certain, nous sommes plus frileuses, plus fatiguées, plus émotives, plus ceci, plus cela, ragnagni et ragnagna… Alors, si vous ne sentez pas la plongée que vous vous apprêtez à faire, amies plongeuses, un conseil : abstenez-vous ! Et puis, même si les tampons nous sauvent souvent la mise, voici une petite astuce pour celles qui prennent la pilule. Il suffit d’enchaîner 2 plaquettes, histoire d’éviter la période de règles… Personnellement, c’est le choix que je fais lorsque je monte sur un bateau pour une semaine de croisière : à un rythme de 3-4 plongées par jour, je préfère être 100% confort.

Allez, bonnes bulles les morues !

NB : les observations relatées dans cette chronique sont empiriques, si certains lecteurs ont des connaissances médicales poussées sur le sujet et souhaitent apporter de l’eau à notre moulin, leurs commentaires seront plus que bienvenus.

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